dimanche 28 avril 2013

IL était une fois les footballeurs de la Révolution...

*Octobre 2001, dans les jardins d'un hôtel de Bamako, une réception est organisée en l’honneur d’Ahmed Ben Bella. J’y étais. Hervé Bourges qui fut son secrétaire, me présente. "Oui, s'exclame-t-il, je le connais! C'est lui qui a écrit l'histoire de l'équipe du FLN. C'est lui qui la connaît le mieux!" Puis s'adressant à son épouse : " Zohra, prends ses coordonnées, on est appelé à se revoir." S'en suivit une longue discussion à bâtons rompus sur l'état du foot algérien, le Brésil, la Coupe du monde....Une soirée mémorable.
Je ne verrai plus Ahmed Ben Bella. Il n'était pas présent au cinquantenaire de l'équipe du FLN, en avril 2008 à Alger.
Il a tiré sa révérence à 96 ans, le 11 avril 2012.
Et je n’ai jamais eu l’occasion de réaliser un rêve : rédiger un ouvrage sur l’équipe du FLN en mettant en relief sa dimension universelle.
 FM



En 1958, la guerre froide bat son plein et l’Algérie sombre dans la violence. La Suède, nation neutre, organise la 6e Coupe du monde de football. La France, qui s’est qualifiée aux dépens de la Belgique et de l’Irlande, se prépare avec sérieux. Le 9 avril, Paul Nicolas, le patron des Tricolores, rend publique une liste de 40 joueurs présélectionnés pour la phase finale du Varlds Masters Kapet. Y figurent le meilleur demi-centre opérant dans le championnat de France, Mustapha Zitouni, et le remarquable intérieur de pointe de l’AS Saint-Étienne, Rachid Mekhloufi. Zitouni est partant pour la Suède, et est désigné pour assurer la succession de Robert Jonquet face à la Suisse, le 16 avril, au Parc des Princes, à Paris.
 
Le 13 avril, Zitouni se déplace à Nice, où son club, l’AS Monaco, affronte Angers. Le même jour, Mekhloufi, qui est sous les drapeaux, se blesse dans un choc avec son coéquipier Eugène Njo Léa au cours du match Saint-Étienne– Béziers. Il est hospitalisé. Le lendemain, une dépêche de l’Agence France-Presse annonce: « Cinq joueurs musulmans algériens ont quitté clandestinement la France. Ils sont arrivés hier à Tunis, via Rome, et ont été reçus par un haut responsable du FLN.»
 
Le 15, le Front de libération nationale (FLN) communique: « Des sportifs professionnels algériens viennent de quitter la France pour répondre à l’appel de l’Algérie combattante. Cinq footballeurs sélectionnés sont arrivés à Tunis. Il s’agit des frères Abdelaziz Bentifour (international A et B, Monaco), Abderrahmane Boubekeur (international militaire et B, Monaco), Mustapha Zitouni (international A, Monaco), Kaddour Bekhloufi (Monaco) et Ammar Rouai (SCO Angers). […] Au moment où la France faisait à leur peuple et à leur patrie une guerre sans merci, ils se refusaient d’apporter au sport français un concours dont l’importance est universellement reconnue. […] Comme tous les Algériens, ils ont eu à souffrir du climat raciste, anti-Nord-Africain et anti-musulman qui s’est rapidement développé en France au point de s’installer dans les stades. En patriotes conséquents, plaçant l’indépendance de leur patrie au-dessus de tout, nos footballeurs ont tenu à donner à la jeunesse d’Algérie une preuve de courage, de droiture et de désintéressement. Le FLN envisage de créer une Fédération nationale algérienne qui demandera son adhésion à la Fédération internationale de football association (Fifa) en vue de participer aux compétitions internationales et à la prochaine Coupe du monde. »
 
Cinq autres vedettes du championnat de France débarquent à Tunis le 17, où l’on fête le 27e jour du mois de ramadan et célèbre la Nuit du destin. Outre Rachid Mekhloufi, il y a Saïd Brahimi et Abderrahmane Bouchouk (Toulouse), Abdelhamid Kermali (Lyon) et Mokhtar Arribi (Sète). L’opération a été mise au point et coordonnée par l’ancien joueur du Mans, Mohamed Boumezrag, alias « Boum ». Le onzième « disparu », Hassen Chabri (AS Monaco), est intercepté à la frontière franco-italienne.



 
Tunis, terre d’accueil
 
 
 
Les envoyés spéciaux affluent à Tunis et assiègent l’hôtel Majestic, situé avenue de la Liberté. « Nous ne sommes ni escrocs, ni voleurs, ni anti-Français », leur déclare Bentifour. À un journaliste de L’Équipe, Zitouni demande: « Si ton pays était en guerre et qu’il t’appelait, qu’est-ce que tu ferais ? » Me Ahmed Boumendjel, membre du Conseil national de la Révolution algérienne (CNRA) et directeur du journal El-Moudjahid -installé à l’époque à Tunis –, annonce que « ces footballeurs continueront à jouer. Nous projetons une tournée dans les pays arabes en attendant qu’ils constituent l’équipe nationale algérienne ». L’hebdomadaire tunisien l’Action salue l’arrivée à Tunis de ces « Algériens qui ont changé de camp et qui vont participer à leur manière au combat pour la paix et la dignité ». Le 24 avril, il les reçoit dans ses locaux et son rédacteur en chef, Mohamed Ben Smaïl, lance un appel : « Faites jouer les Algériens ! »



Les premiers pas
 
  Le Dr Chedli Zouiten, président de la Fédération tunisienne de football (FTF), n’y sera pas insensible. De fait, le Comité algérien de la Jeunesse et des Sports et l’hebdomadaire tunisois, Le Sport mettent sur pied, pour le 3 mai, un match entre l’équipe du FLN et l’Entente tunisienne (la sélection de Tunisie) au « profit des réfugiés algériens ». Devant 8000 spectateurs, au stade municipal de Tunis, l’équipe du FLN – qui a récupéré un onzième joueur algérien d’origine, Hamadi Khaldi – écrase ses hôtes 5-1. Un festival signé Brahimi (2 buts),Bouchouk, Mekhloufi et Rouai. Les organisateurs s’associent aux journaux L’Action et Al Amal pour lancer, les 9 et 11 mai, un tournoi avec la participation des sélections nationales d’Algérie, de Libye, du Maroc et de Tunisie. Le 7 mai, depuis Zurich, la Fifa, saisie par la Fédération française (FFF), réagit. Elle s’oppose à toute qualification des joueurs « français musulmans d’origine algérienne » en rupture de contrat, et interdit à tous ses membres de « jouer, sous n’importe quelle forme, contre des équipes comprenant les joueurs suspendus (à savoir Boubekeur, Bentifour, Zitouni, Rouai, Kermali, Mekhloufi, Brahimi et Bouchouk) ».

Cet oukase n’empêche pas la tenue du premier – et dernier – tournoi maghrébin de l’Histoire, doté du trophée Jamila Bouhired. Le coup d’envoi est donné le 9 mai au stade municipal de Tunis devant 8000 spectateurs, dont de nombreux réfugiés algériens. La Tunisie surclasse la Libye : 4-1. L’hymne Qassaman retentit alors que flotte le drapeau vert, blanc et rouge pour le match Algérie – Maroc. Entre les deux formations maghrébines, la bataille est musclée. Brahimi, Mekhloufi et Rouai sont malmenés par des adversaires impitoyables. À la pause, les officiels des deux équipes interviennent et donnent des consignes pour que l’empoignade ne dégénère pas en bagarre. Kermali et Bentifour répondent à Khalfi et donnent la victoire à l’équipe du FLN (2-1). Le match n’est pas terminé que l’on apprend le décès du maire de Tunis, Ali Belhaouane, dont les obsèques sont, le lendemain, suivies par une grande foule avec, en tête du cortège, Habib Bourguiba, Ferhat Abbas et Mehdi Ben Barka. Le 11 mai, le tournoi reprend. Alors que le Maroc bat la Libye (2-1), l’Algérie effectue une brillante démonstration de jeu offensif face à la Tunisie qu’elle surclasse: 5-1! Quatre jours plus tard, Bentifour et ses frères écrasent, à Sfax, une sélection Centre-Sud : 7-1 ! Et le 24 mai, ils donnent le coup de grâce à l’Union sportive tunisienne (UST) par 7 buts à 0, avant de s’envoler pour une tournée en Libye (où ils se produiront à plusieurs reprises de 1958 à 1961).


Quand la Fifa met le holà
 
 
Le 3 juin, à Stockholm, le comité exécutif de la Fifa recommande l’annulation de l’affiliation provisoire des fédérations du Maroc et de la Tunisie, et l’interdiction de tout match avec ces deux pays. Le congrès ne suit pas. Au mois de novembre, les footballeurs algériens entreprennent une tournée de trois semaines au Maroc. Ils se produisent à Fès, Oujda, Casablanca (où les accueille la « Perle noire », Larbi Ben Barek), Rabat et Marrakech. Mais, cette fois, le comité d’urgence de la Fifa ne transige pas : le 3 décembre, il annule l’affiliation de la Fédération royale marocaine de football (FRMF). Le vice-président Valeri Granatkine (URSS) sera le seul à contester la sanction. Les dirigeants sportifs marocains réagissent. Ils tentent d’infléchir la FFF – qui reste intransigeante – et la Fifa.
 
 Le 30 janvier 1959, une délégation comprenant El-Hadj Mohamed Benjelloun, représentant du comité supérieur des Sports, le Dr Omar Boucetta, président de la FRMF, et son secrétaire général, Ahmed Antifit, est reçue à Zurich. La FRMF reconnaît qu’elle a « commis une grave faute ». Le Dr Boucetta ajoute que « la FRMF avait offert 1 million de francs pour que l’équipe algérienne ne vienne pas disputer de matchs au Maroc, mais que le gouvernement a fait pression et l’a obligée à envoyer une équipe au tournoi de Tunis ». Le ministre Abdelkrim Benjelloun s’engage à ne plus accueillir l’équipe du FLN et sollicite à son tour la levée de la sanction. Celle-ci ne sera effective que le 26 avril. De son côté, la FTF organise, le 3 octobre, au stade municipal de Tunis, une ultime rencontre Tunisie – équipe du FLN (0-8). Le 22 août 1960, le congrès de la Fifa, réuni à Rome, accorde l’affiliation définitive à la FRMF et à la FTF.
 
L’interdit prononcé par la Fifa fait reculer les fédérations d’Égypte et de Syrie, les seules du Moyen-Orient à refuser de recevoir l’équipe du FLN. Quant à la Confédération africaine de football (CAF), elle choisit d’ignorer le FLN, son président, le général Abdelaziz Mostafa, se montrant soucieux de sauvegarder son siège au sein du comité exécutif de la Fifa. Les pays d’Europe de l’Est (Bulgarie, Hongrie, Roumanie, Pologne, Tchécoslovaquie, URSS et Yougoslavie), la Chine populaire et le Vietnam contournent l’embargo et accueillent à deux reprises les footballeurs algériens (en 1959 puis en 1961) qui, en 1961, sont 32.




L’INÉGALÉ «STYLE À L’ALGÉRIENNE»
 
 
 
De mai 1958 à décembre 1961, 83 matchs seront disputés : un bilan (57 victoires, 14 nuls, 12 défaites) qu’aucune équipe africaine n’a égalé. Les troupes de « Boum » ont choisi au plan sportif la manière élégante de conquérir les foules : l’offensive débridée. « Notre équipe, raconte Mekhloufi, évoluait sans contrainte tactique. Nous nous retrouvions souvent six ou sept en attaque. On jouait d’instinct et on savait conjuguer l’exploit individuel et la construction collective. De la subtilité, de l’improvisation, des dribbles, des feintes, des ballons qui circulent en passes courtes et précises, et des ailiers qui débordent… Un style à l’algérienne. Mais aussi, occasionnellement, du répondant physique quand l’adversaire voulait nous intimider. »
 
Du spectacle, des buts à la pelle (349!) et une addition exceptionnelle de talents tels l’impressionnant goal claudicant Boubekeur, l’impérial demi-centre Zitouni, le métronome Arribi, l’astucieux Bentifour, l’irrésistible Mekhloufi, l’insaisissable Kermali ou le percutant buteur Brahimi. Durant trois ans etdemi, ces « footballeurs de la nuit », bien que suspendus par la Fifa, ont réussi à former une équipe de haut niveau international dont les exploits restent encore, cinquante cinq après, méconnus, même en Algérie. À l’époque, la télévision n’était que balbutiante et les images filmées des rencontres disputées par l’équipe du FLN sont extrêmement rares.
 
Le 18 mars 1962, les accords d’Évian sont signés. L’indépendance de l’Algérie pointe. Trois mois plus tard, à Tunis, Ahmed Ben Bella, l’un des chefs historiques du FLN, reçoit tous les footballeurs de la Révolution. Il les remercie pour leur participation à la lutte nationale et leur assure que le futur État algérien ne les oubliera pas. Puis, c’est la séparation. Les 32 choisissent des routes différentes. La plupart attendent l’indépendance, officialisée le 5 juillet, pour rentrer en Algérie. Les plus jeunes comme Mekhloufi, Rouai, les frères Soukhane, Amara, Kerroum, Oudjani et Bouchache Hocine repartent en France reprendre une carrière professionnelle. Ils connaîtront des fortunes diverses. L’équipe du FLN, devenue sélection nationale, est réunie à plusieurs reprises. Elle donne à l’Algérie indépendante ses premiers succès internationaux. Le 28 février 1963, la Tchécoslovaquie est battue (4-0), le 1er janvier 1964 c’est l’Allemagne fédérale (2-0) et, le 4 novembre, l’URSS est tenue en respect (2-2). Mais le 18 juin 1965, à Oran, le Brésil, double champion du monde, ne lui fait pas de cadeau: 3-0.
 
Cinquante cinq ans se sont écoulés depuis la fameuse Nuit du destin. Les héros du football algérien ont depuis longtemps pris leur retraite. Le 14 avril 1988, à Alger, au stade du 5-Juillet, ils ont chaussé pour la dernière fois les crampons et célébré, balle au pied, face à leurs frères tunisiens et libyens et en présence du prestigieux Larbi Ben Barek, le 30e anniversaire de l’équipe du FLN.
 
Cinquante cinq ans après ,« Boum », « Big Ben » Tifour, Maazouza, Haddad, Arribi, Ibrir, Bouchache, Chabri, Boubekeur, Brahimi et Bouchouk ne sont plus là. Mais leurs frères d’armes ne les ont pas oubliés. « J’éprouvais, affirmait en novembre 1972 feu Eugène Njo Léa, une grande fierté et un immense bonheur à l’idée que le sacrifice de ces joueurs d’exception – comme celui de milliers d’autres jeunes Algériens – n’avait pas été inutile. » ■
 



FAOUZI MAHJOUB

vendredi 1 mars 2013

La CAN de l'ennui

Le spectacle et le panache ont boudé la 29è Coupe d’Afrique des nations marquée par un nivellement des valeurs. Pendant les retransmissions télévisées de la 29ème coupe d'Afrique des nations, la caméra à, à maintes reprises, balayé la tribune officielle des méga-stades sud-africains souvent aux trois-quarts vides. Elle a surpris Issa Hayatou, le président de la CAF, affalé dans le fauteuil et entouré de sa cour, piquer du nez et s’endormir. Que n'a-t-il pas eu raison : le spectacle offert par la majorité des 16 finalistes, a souvent engendré de l'ennui. À preuve, les soporifiques matchs Maroc-Cap-Vert, Angola-Maroc, Mali-Niger, Congo-Niger, Ghana-Mali, Burkina Faso-Zambie, le quart de final Burkina Faso-Togo et la demi-finale Ghana-Burkina … Ballon carré Au hit-parade du football-repoussoir, les Etalons burkinabés ont surclassé leurs rivaux. Vous lancez un ballon rond dans les pattes des Etalons, pour peu que la pelouse soit bosselée, chauve et ensablée comme celle du stade de Nelspruit, ils le piétinent et vous le renvoient... carré! Dans cet exercice, se détache un malabar au cou de girafe et au crâne planté d'épis dorés : Aristide Bancé. Cet "attaquant" n'est pas maladroit pour contrôler le cuir du… tibia, adresser des services tordus et botter dans les virages. Professionnel à Augsbourg en Allemagne, Bancé doit être un sujet de curiosité pour les fans du club. Certains Etalons ont, d'autre part affiché un trop-plein de morgue et peu de fair-play, à l'image des deux "vedettes" de l'équipe, le défenseur Bakary Koné et le milieu Charles Kaboré (un spécialiste du tacle à retardement). Tous deux sont des professionnels surcotés en France. L'entraîneur belge Paul Put (cela ne s'invente pas!) traîne, pour sa part, une casserole. En 2005, il a été impliqué dans une affaire de trafic de match en liaison avec un maffioso chinois. Il avait alors écopé de trois ans de suspension. En 2007, il est parti "exercer" en Gambie d'où il a rejoint en 2012, le Burkina. Les Etalons comptent toutefois deux authentiques talents, les attaquants Alain Traoré (blessé face à la Zambie) et Jonathan Pitroipa (exclu en demi-finale puis autorisé à disputer la finale par Hayatou après que l'arbitre tunisien Djedidi eût reconnu s'être trompé!). Oubliée la culture du jeu L’absence à cette 29ème CAN de l’Egypte (champion en 2006, 2008 et 2010) et du Cameroun (vainqueur en 2000 et 2002), la qualification de l’Ethiopie, du Cap-Vert et du Niger, le parcours du Burkina Faso, l’élimination de la Côte-d’Ivoire et de l’Afrique du Sud en quarts de finale, du Ghana en demi-finale, le fiasco des équipes maghrébines témoignent d’un incontestable nivellement des valeurs par … le bas. Les écarts entre les équipes se sont rétrécis, la hiérarchie est bousculée. En 2012, la 28ème CAN s’était déroulé sans l’Egypte, le Cameroun, le Nigeria, l’Afrique du sud et l’Algérie. Elle s’était achevée par la victoire de la Zambie. Laquelle, cette fois-ci, n’a pas franchi le premier tour, concédant même un résultat paritaire à l’Ethiopie qui revenait dans la compétition après 32 ans d’absence. Le recul des équipes de l'élite s'explique par l'abandon de toute culture du jeu. Culture qui a permis au Black Star du Ghana de remporter, de 1963 à 1982, quatre Coupes des nations, aux Lions indomptables du Cameroun de disputer, en 1982 et 1990, la Coupe du monde et de gagner le titre continental en 1984 et 1988, à l'Égypte d'accéder au tournoi final du Mondiale 90 et d'être sacrée championne d'Afrique en 1998, 2006, 2008 et 2010, à l'Algérie de participer aux Mundial 1982 et 1986, et de remporter le CAN en 1990, aux Super Eagles du Nigéria de disputer la Coupe du monde en 1994, 1998 et 20002, de décrocher la médaille d'or des Jeux d'Atlanta en 1996 et d'être couronnés champions d'Afrique en 1980 et 1994. Malheureusement, le recours massif et désordonné aux "sorciers blancs" a eu pour conséquence de pervertir la culture du jeu de chacune de ces nations de football et de désorienter leurs joueurs. La culture importée a réduit les écarts : tout le monde utilise la même tactique, les mêmes ingrédients en privilégiant la concurrence physique aux dépens de l'habileté technique et de la création. Ainsi l'équipe du Niger qui n'avait rien à ennuyer, au plan physique, à ses adversaires. Le Maghreb fait son marché La sortie de l’Algérie, du Maroc et de la Tunisie a été logique. Depuis 1990, l’Algérie ne joue plus les premiers rôles dans la CAN. Depuis aussi l’arrivée en 2001 à la tête de la Fédération de Mohamed Raouraoua, le football algérien n’a gagné aucun titre continental, il a seulement arraché un ticket pour le Mondial sud-africain où il n’a pas brillé : zéro but en trois matchs. Négligeant toute politique de formation qui aurait pu permettre la constitution d’une sélection nationale de valeur, M. Raouraoua s’est contenté de faire son marché dans l’Hexagone où il a battu le rappel de tous les joueurs d’origine algérienne dont ne voulait pas l’équipe de France. Ces recrues, fières de porter les couleurs de l’Algérie, ont été formées et formatées par l’école française d’où un « style » qui a peu de rapport avec le football à l’algérienne des Dahleb, Belloumi, Madjer, Ferguani et autres Assad. En 2012, le recrutement de l’entraîneur bosniaque Vahid Halilhodzic, un entraîneur fort en gueule, réaliste, et surtout aux idées courtes, acheva de dépersonnaliser l’équipe d’Algérie. Le Maroc a aussi emprunté la même voie : l’appel aux joueurs français d’origine marocaine. Lui aussi n’a récupéré que des seconds couteaux. Après le limogeage du Belge Eric Gerets en 2012, le local Rachid Taoussi a été promu à la tête de la sélection Celle-ci n’a trouvé ni cohésion et ni esprit offensif. Les gesticulations de Taoussi et son discours, tout en langue de bois, n’ont rien réglé. Depuis 2004, le Maroc court après une place d’honneur dans la CAN. Il ne l’a pas obtenue en Afrique du Sud où il n’a pas remporté de victoire. L’équipe de Tunisie dirigée par Sami Trabelsi a encore une fois montré ses limites. Elle aborde les matchs avant tout pour ne pas perdre et ne se résout à attaquer, que contrainte et forcée. Elle ne manque pas d’arguments techniques mais lui fait défaut une révolution tactique. On ne peut pas remporter la CAN sans prendre des risques offensifs. Drogba le fossoyeur Les Eléphants de Côte-d’Ivoire ont enregistré leur cinquième échec consécutif en Coupe d’Afrique des nations. En 2002, Jean-Marc Guillou avait légué à la sélection un groupe de joueurs talentueux qu’il avait formés à son académie d’Abidjan. Des footballeurs qui balle au pied, parlaient le même langage, avaient en commun le goût du spectacle offensif et partageaient les mêmes automatismes collectifs. Le président de la Fédération ivoirienne Jacques Anouma, ne reconnait pas le mérite de Guillou. Il recrute de 2006 à 2010 des entraîneurs qui vont « casser » le jeu des Académiciens en s’appuyant sur … Didier Drogba. Celui-ci va faire preuve d’un égoïsme démesuré et tirer la couverture à lui. Aucun entraîneur n’ose le « recadrer ». Conséquences : au fil des années, l’équipe ivoirienne se désagrège et son style chatoyant se dissout. Les successeurs d’Anouma, commettent les mêmes erreurs, et engrangent les échecs. Les Académiciens, désormais plus accaparés par les impératifs de leur carrière professionnelle, semblent moins motivés pour tenter d’imposer un retour aux sources. Beaucoup d’entre eux sont aujourd’hui trentenaires, Drogba n’est plus qu’un retraité qui fait des piges, autant dire que l’avenir de la sélection ivoirienne ne s’annonce pas brillant : la relève de qualité n’est pas là. Le mérite de Keshi Les Super Eagles du Nigéria courent depuis la CAN 1994 après une consécration continentale. Les dirigeants nigérians ont multiplié les expériences avec les entraîneurs européens. En vain. La richesse de l'effectif composé exclusivement de professionnels expatriés n'a pas été bien exploitée par des techniciens convertis au réalisme. En désespoir de cause et à la suite de l'élimination peu glorieuse de la CAN 2012, la NFA (Nigeria Football Association) s'est décidé à confier la sélection à son capitaine des années 1994-1996, l'ancien défenseur Stephen Keshi, celui-là même qui avait, en 2005, qualifié les Eperviers du Togo pour le Mondial 2006. Keshi, c'est d'abord la proximité avec les joueurs. Ajoutez-y des idées frappées du bon sens et une stratégie de conquête. La sélection est rajeunie avec de nouveaux talents comme Elderson Echiejle, Eric Ambrose, Ideye Brown, Uche Ikechukwu, Eddy Onazi, Sunday Mba, Ahmed Musa et autre Kenneth Omeruo. Tous encadrés par deux vedettes de Chelsea, Angleterre, Obi Mikel et Victor Moses Après des débuts laborieux face au Burkina Faso et à la Zambie, le collectif nigérian a trouvé le bon rythme. Les Super Eagles ont dompté, haut la main, les Eléphants de Côte d'Ivoire (2-1) puis les Aigles du Mali (4-1). Ils ont, en finale, évité les ruades des Etalons du Burkina et assuré une victoire courte mais méritée. Ils ont joué au ballon. Sans calcul. Ils représenteront, en décembre, au Brésil, l'Afrique, à la Coupe des Confédérations Faouzi Mahjoub ,Afrique-Asie mars 2013

mardi 4 septembre 2012

Une république bananière

El Hadj Mohamed Raouraoua a réussi son coup …tordu avec la complicité de sa majesté Hayatou 1er. Celui-ci a lancé, le 3 septembre, sa meute de chiens de garde à l’assaut des délégués à l’assemblée générale de la CAF réunie à Mahé, Seychelles. Harcelés, ou tout simplement passifs, 44 représentants de fédérations nationales ont voté pour l’amendement aux statuts qui limite désormais la candidature à la présidence de la CAF aux seuls membres du comité exécutif disposant du droit de vote ! Une belle entorse à toute règle démocratique doublée d’une escroquerie morale que la nouvelle disposition qui transforme le CE en politburo à la nord- coréenne et la CAF en république bananière. Hayatou, seigneur féodal s’il en est un et apprenti dictateur se débarrasse de deux rivaux potentiels : l’Ivoirien Jacques Anouma, pourtant membre depuis 2006 du CE de la Fifa et le Sud-africain Danny Jordan, organisateur du Mondial 2010. Il assure du coup sa réélection en 2013. Un sixième mandat sera pour lui synonyme de 29 ans de règne, soit plus que le règne moyen des dictateurs en Afrique ! Pitoyable que le "sale" boulot ait été fait par un dirigeant algérien.

lundi 20 août 2012

Un coup tordu

Un infatigable chercheur que Monsieur Mohamed Raouraoua, un « fennec » malin et rusé dont la devise est : " le dribble est une passe de que l'on fait à soi-même". Ce prédateur obsédé par la course aux privilèges à la CAF et à la Fifa se la joue toujours perso. Son dernier coup (tordu) : une proposition d'amendement des statuts de la CAF qui exige de tout candidat à la présidence de l'institution d'être membre du comité exécutif (CE). Si la proposition est adoptée le 3 septembre par l'assemblée générale de la CAF, elle verrouillerait l'accès à la présidence à tout candidat indépendant et transformerait le CE en politburo! Ce serait un coup dur porté à la démocratie et à l'équité. Le reniement d'un principe fondateur de la CAF: l'égalité entre tous ses membres. Notre fennec a-t-il pris cette initiative pour rendre service à Issa Hayatou qui brigue un sixième mandat ? Ou bien roule-t-il pour lui-même ? Ce qui alors en dit long sur ses convictions démocratiques et ses scrupules politiques. Il est vrai qu’il a pris l’habitude de se « purifier » à la Mecque….

lundi 13 août 2012

Du plomb

Sa Majesté Hayatou 1er dû roucouler de bonheur après la moisson de médailles ... de plomb glanée par le footballeurs (dames et hommes) africains au tournoi olympique de Londres. Zéro point pour les équipes féminines de l'Afrique du sud et du Cameroun est ce en six matchs. Chez les hommes, élimination dès le premier tour pour l'Égypte et le Maroc et après les quarts de finale, pour le Sénégal et le Gabon. Un bilan qui confirme le recul qualitatif du football africain, amorcé à l'occasion du du mondial 2010 et poursuivi avec, en 2011, le fiasco aux Championnats du monde des moins de 20 et 17 ans et à la Coupe du monde féminine. Ajoutez à ces échecs, le faible niveau technique de la CAN 2012. De quoi inquiéter ceux qui dirigent ce football ! Mais, hélas, ce n'est pour le souci majeur d'Issa Hayatou et de sa garde rapprochée. Seuls leur situation de rente et ses privilèges accaparent leur intérêt. Et cet état d'esprit a encore de beaux jours devant lui.

mardi 22 mai 2012

Milla "libéré"

Roger Milla, David Mayebi et Charles Emedec sont, depuis le 18 mai, interdits de toute activité au sein de la Fécafoot. Milla est révoqué de sa qualité de président d’honneur pour avoir proféré « des propos injurieux à l’endroit de la Fécafoot, de son président et de ses dirigeants ainsi que pour avoir appelé publiquement à des manifestations populaires et à l’insurrection contre la Fédération. » La star paye là son franc parler et ses multiples déclarations contre l'équipe dirigeante en place, notamment ses critiques des sanctions à l'encontre de Samuel Eto'o, et dernièrement le lancement du comité citoyen pour le redressement du football camerounais, destiné à introniser un coach local à la place du Français Denis Lavagne, appelé à la tête des Lions indomptables fin 2011 à la place de l’Espagnol Javier Clemente. Charles Emedec, vice-président de la Fédération, est révoqué « pour malversations financières dans le cadre de l’acquisition de l’immeuble siège de la Ligue régionale de football de l’Ouest ». Il entraîne dans sa chute, Serge Tsemo et Kamwa Roger, qui étaient à l’époque des faits, respectivement président et trésorier adjoint de ladite Ligue. David Mayebi, lui aussi vice-président de la Fédération (il est aussi membre de la Chambre de Résolution des litiges de la Fifa à titre de membre de la FIFPRO, l’union des syndicats de joueurs professionnels), est révoqué « pour insubordination caractérisée et propos injurieux à l’encontre de la Fécafoot, de son président et de ses dirigeants. » Par ailleurs, l’Association des Footballeurs du Cameroun (AFC), devenue Syndicat national des footballeurs camerounais (Synafoc), est exclue de la Fécafoot pour violations graves et répétées de ses obligations. On n’en sait pas plus. Inutile de dire que l’ami Roger, libéré de ses « fonctions » officielles ne va pas enterrer la hache de guerre. Et il n’aura pas tort.

dimanche 20 mai 2012

Un jeu "mafieux"




Renforcement de la défense et spéculation sur le « contre », disparition presque complète de l’offensive, de la création, du plaisir de jouer et utilisation croissante de l’intimidation, de la violence, du trucage et de la tricherie….telles sont les caractéristiques du « jeu » produit par Chelsea, en demi-finale face à Barcelone et en finale de la Ligue des champions face au Bayer Munich.

Il est facile de comprendre que si 90% des forces d’une équipe sont consacrées à détruire, il reste peu de forces pour construire, pour créer, pour attaquer, c’est-à-dire pour offrir au public, qui a payé quand même pour assister à un spectacle, les satisfactions qu’il est en droit d’exiger.

En sport, les notions de fins et de moyens sont indissolublement liées. En football, les notions de résultat et de qualité du jeu. Aujourd’hui et Chelsea en fait la démonstration, les rapports entre résultat et jeu ne sont plus évoqués. Le jeu est devenu une notion inutile et encombrante à partir du moment où le poids des intérêts financiers drainés par le football a eu comme conséquence l’accession à sa tête de gens – à l’instar de l’oligarque russe Roman Abramovic, propriétaire de Chelsea - déterminés à implanter dans gestion l’idée que seul le résultat compte et que les moyens pour l’obtenir en plus de l’argent se nomment le travail, l’effort pénible et éventuellement la ruse et la brutalité.

Le « jeu » ….mafieux de Chelsea est une insulte à l’esprit du football. Il ne mérite que le rejet voir le dégoût. N’en déplaise à « Lady Gaga du ballon » !

lundi 30 avril 2012

Lady Gaga du foot



Vous avez été sans doute nombreux à suivre, sur le petit écran, la demi-finale retour de la Champion’s League F.C. Barcelone – Chelsea. Nous ne parlerons pas du véritable hold up commis par le club de l’oligarque russe Roman Abramovic mais de la prestation, ce soir-là, du sieur Didier Drogba.

Un grand joueur, c’est le talent allié au rayonnement humain. C’est être au service de l’Art (du jeu) et de son éthique. Avec Drogba, vous êtes mal tombés. Le footballeur a certainement des qualités d’attaquant racé et efficace, mais l’homme, sur le terrain, a un comportement des plus haïssables.

Au Nou Camp, Drogba a évolué au poste d’….arrière latéral gauche. Il a harcelé le porteur du ballon, taclé sans ménagement, provoqué un penalty….Et il a exécuté son numéro habituel de star sur le déclin. Il a « plongé », multiplié les grimaces de « fausse souffrance », simulé la blessure, interpellé la foule, gesticulé tel un sémaphore, « enguirlandé » ses coéquipiers, palabré avec l’arbitre…..Toujours le regard tourné vers les caméras. Un récital digne de « l’égocentre » qu’il est. Et qui ternit sa réputation.

Drogba, en Coupe d’Afrique des nations (il a disputé 4 éditions sans succès) ne crânait pas devant les défenseurs zambiens, burkinabés ou algériens. Il se lâche avec Chelsea.

La Côte d’Ivoire en a fait son héros oubliant qu’il aura, de 2006 à 2012, « bousillé » son équipe nationale en contribuant à en casser les automatismes collectifs, tout en fayottant auprès des entraîneurs.

Il y a quelques semaines, Drogba lançait un appel aux dons pour un projet hospitalier à Abidjan. Il oublia qu’en juin 2011, il s’était offert un mariage à 500 000 dollars !

mardi 24 avril 2012

Il aimait le foot...

* 1937 40: il a vingt et un ans lorsqu'il effectue son service militaire dans le 141è régiment d'infanterie alpine à Marseille. Passionné de foot, il rejoint l'Olympique de Marseille. Plus tard, il est appelé par l'équipe de France militaire et y occupera un poste de milieu de terrain.
* 1965 : président de la République algérienne, il reçoit, le 16 juin, sur les hauteurs d'Alger, l'équipe du Brésil, championne du monde et pose avec Pelé et Garrincha.
Le 17, il est à Oran pour suivre le match Algérie - Brésil (0-3).
Le 18, il est de retour à Alger. Dans la nuit du 19, il est renversé par un coup d'Etat fomenté pour ministre de la défense, Houari Boumediene. Jeté en prison, il y restera plus de douze ans.
* Octobre 2001, dans les jardins d'un hôtel de Bamako, une réception est organisé en son honneur. Hervé Bourges qui fut son secrétaire, me présente. "Oui, s'exclame-t-il, je le connais! C'est lui qui a écrit l'histoire de l'équipe du FLN. C'est lui qui la connaît le mieux!" Puis s'adressant à son épouse : " Zohra, prends ses coordonnées, on est appelé à se revoir." S'en suivit une longue discussion à bâtons rompus sur l'état du foot algérien, le Brésil, la Coupe du monde....Une soirée mémorable.
Je ne verrai plus Ahmed Ben Bella. Il n'était pas présent au cinquantenaire de l'équipe du FLN, en avril 2008 à Alger.
Il a tiré sa révérence à 96 ans, le 11 avril.
Que la terre lui soit légère.

lundi 12 mars 2012

Adamu KO

Le 24 février, le Tribunal arbitral du Sport (TAS) a examiné l'affaire Amos Adamu, ex-membre du Comité exécutif de la Fifa et ex-vice président de la CAF. Il a confirmé la décision de la Commission d’appel de la Fifa du 3 février 2011. En conséquence, Amos Adamu reste suspendu de toute activité liée au football au niveau national et international pour une période de 3 ans à partir du 20 octobre 2010. L’amende de CHF 10'000.-- est également confirmée.

Le 17 octobre 2010, l’hebdomadaire britannique Sunday Times a publié un article rapportant de forts soupçons de corruption au sein de la FIFA liés à la procédure de sélection pour l’organisation de la Coupe du Monde de la FIFA. Des journalistes ont approché plusieurs membres ou anciens membres du Comité Exécutif de la FIFA en prétendant être des lobbyistes travaillant pour une société privée désireuse de conclure des accords afin de soutenir inofficiellement les candidatures américaines pour les Coupes du mondes de la FIFA 2018 et 2022.
Le Dr Adamu a été approché pendant cette enquête et il lui a été offert une somme de
USD 800'000 par les journalistes camouflés afin de construire quatre terrains de football artificiels au Nigeria. Immédiatement après la publication de l’article du Sunday Times, le Comité d’Ethique de la FIFA a ouvert une procédure disciplinaire contre Amos Adamu et, après avoir établi sa culpabilité pour avoir violé le Code d’Ethique de la FIFA, a décidé le 17 novembre 2010 de le suspendre pour une période de 3 ans et de lui imposer une amende de CHF 10'000. La décision a été confirmée par la Commission d’appel de la FIFA le 3 février 2011.

Le 3 mai 2011, Amos Adamu a déposé un appel auprès du TAS afin de demander l’annulation de la décision de la FIFA. La Formation du TAS a confirmé la décision de la FIFA de considérer le Dr Adamu coupable d’une violation de l’article 3 (règles générales), de l’article 9 (loyauté et confidentialité) et de l’article 11 (corruption) du Code d’Ethique de la FIFA. La Formation du TAS a rejeté l’argument soulevé par le Dr Adamu qui soutenait que les enregistrements obtenus par la FIFA de la part du Sunday Times auraient dû être considérés comme des preuves illégales étant donné que les journalistes auraient violé le Code pénal suisse et que les preuves auraient ainsi été obtenues par le biais d’une infraction pénale. Il a également invoqué une violation de ses droits de la personne et a demandé que les preuves soient déclarées irrecevables.
La Formation du TAS a relevé que la seule circonstance que certaines preuves auraient été obtenues illégalement n’empêchait pas nécessairement un tribunal arbitral international ayant son siège en Suisse de les admettre dans la procédure et de les prendre en compte pour sa sentence, étant donné que le tribunal arbitral n’est pas obligé de suivre les règles de procédure applicables devant les tribunaux ordinaires suisses.
Dans tous les cas, la Formation du TAS a indiqué que, dans le cas du Dr Adamu, il n’y avait eu aucun juge ordinaire ayant déclaré que les preuves avaient été obtenues de manière illégale et ayant interdit leur usage et qu’en outre il n’était même pas certain que les journalistes du Sunday Times aient véritablement agi de manière illégale.
La Formation du TAS a insisté sur le fait qu’il était crucial que les hauts dirigeants du football ne devaient pas seulement être honnêtes mais qu’ils devaient apparaître de manière claire etindubitable comme étant honnêtes.
Concernant le comportement du Dr Adamu, la Formation du TAS a été convaincue que celui-ci avait été bien loin de refuser de manière active et non ambiguë
la proposition inconvenante avancée par les soi-disant lobbyistes. En conclusion, les
arbitres du TAS ont considéré que la sanction imposée par la FIFA n’était pas disproportionnée et qu’elle était même relativement peu sévère étant donné la gravité de l’infraction.
Donc acte et au suivant!



















samedi 18 février 2012

Hédoniste

« J’ai connu des moments pas faciles, dus au fait que je sois parti du plus bas. Il faut franchir les étages pas à pas, ce n’est pas parce qu’on arrive en haut qu’il faut se prendre pour quelqu’un d’autre. La réussite d’un tournoi c’est la réussite d’un groupe. J’ai encore tellement de choses à faire dans le football, tellement de plaisir à prendre… Nous ne sommes que des footballeurs, rien d’autre.
(…) Il faut de la discipline tout en gardant la culture africaine. Je suis capable de m’adapter. Avec mes joueurs, c’est moi qui amène le « Bose » (une marque d’enceintes, ndlr) dans le vestiaire, c’est moi qui mets la musique parce que j’adore ça. Quand les joueurs partent à l’échauffement, moi je reste dans le vestiaire avec la musique à fond. S’il y a quelqu’un qui passe, il se dit « mais qu’est-ce qu’il fait celui là ? ». Je me concentre, je chante. Je ne suis pas un moine, j’adore la vie, sortir, prendre du plaisir. Il y a un adjectif : hédoniste. Je veux prendre le plus de plaisir possible dans tout ce que je fais. Si je ne prends pas de plaisir, je m’ennuie. Et je n’aime pas m’ennuyer. »
Ainsi parle Hervé Renard, l’homme qui a fait gagner la CAN 2012 aux Chipolopolos de Zambie. Un discours qui exècre la langue de bois et la démagogie. Celui d’un authentique amoureux du foot. Modeste, lucide et humain. Alors, à bientôt Hervé pour vider une coupe de roteuse!

vendredi 17 février 2012

Un rituel frelaté

La conférence de presse que s’offrent depuis quatorze ans, la veille de la finale de la CAN, les présidents de la CAF et de la Fifa tient du rituel… surréaliste. Joseph S. Blatter se complaît dans le rôle du parrain, du « bigboss » et de pape du ballon. Il s’épanche à chaque fois sur son passé – il remonte à 1976 - d’ « ancien combattant » du football africain avant de prononcer une homélie tout en reconnaissant l’impuissance de la Fifa à lutter contre la violence, la tricherie, le dopage et la corruption….
Issa Hayatou, toujours droit dans ses bottes, fait dans la langue de bois très….stalinienne, du genre : « Tout le monde, il est beau, il est gentil », « la CAN est une réussite », « Les pays organisateurs ont monté la barre très haut », « Les matchs ont été souvent de qualité et l’arbitrage à la hauteur de la situation »…Curieux jugement quand on voit, sur le petit écran, Hayatou, affalé dans son fauteuil, piquer du nez et s’endormir pendant les matchs ! Et pour clore le « spectacle », le Camerounais (il est en poste depuis 1988 !) proclame que répondant à la vox populi, il fait don de sa personne à la CAF et qu'il va briguer en 2013, un septième mandat. A force de fréquenter les dictateurs de l’Afrique centrale, il en a pris de la graine.

vendredi 30 décembre 2011

Guillou "démasque" Ouégnin

Lu dans un quotidien ivoirien : "Après 22 ans de présence à la tête de l'ASEC Mimosas, M°Roger Ouégnin vient d'essuyer son premier véritable revers en championnat. Au terme d'une super division de 10 journées disputées par six clubs, les Jaune et Noir ont terminé bons derniers et perdu leur titre de champion au profit du grand rival, l'Africa Sport d'Abidjan.
" Depuis le début de la saison 2011, l'équipe tanguait : sortie prématurée de la Ligue des champions, élimination de la Coupe de la CAF et des défaites en Ligue 1...
"(...) L'autre décision de taille, c'est la refonte de l'Académie Mimosifcom, le centre de formation de l'ASEC. Depuis le départ de Jean-Marc Guillou, le centre n'a plus sorti de joueurs du niveau de Kolo Touré et Didier Zokora. L'engagement des formateurs Pascal Théault et Walter Hammam pour succéder à Guillou, n'a rien donné de concret."
Ainsi donc sont reconnus le mérite et la compétence de Jean-Marc Guillou aujourd'hui installé à Bamako. Ainsi donc est établie l'énorme erreur de Roger Ouégnin qui s'était brutalement séparé de Guillou en 2002. "Dictateur" mégalomane, borné dans ses convictions mais avide de gloire et de fortune, Ouégnin aura coûté cher au football ivoirien. Il est grand temps pour lui de rendre son tablier et de libérer l'ASEC.

lundi 26 décembre 2011

Une belle jambe!

Quelle mouche a donc piqué Mohamed Iya, l’indécrottable président de la Fédération camerounaise de football (Fécafot, sortez les mouchoirs !) et ses pairs pour qu’ils infligent à Samuel Eto’o une suspension de 15 matchs de la sélection ? Une sanction bête et méchante qui ne grandit pas ses auteurs.
A supposer que les faits reprochés à Eto’o ( il aurait organisé le boycottage du match amical AlgérieCameroun et la participation à Marrakech du tournoi LG) soient prouvés, n’eût-il pas été plus avisé de le mettre au ban de l’équipe pour une période indéterminée ou mieux, de le sanctionner financièrement ? 15 matchs de suspension, çà lui fait une belle jambe à l’ami Samuel ! Jugez-en :
* Il a entamé l’ultime étape de sa carrière, il sait qu’il ne pourra jamais espérer gagner la Coupe du monde ;
* Il s’est constitué le meilleur palmarès dont puisse rêver un footballeur africain (2 CAN en 2000 et 2002, une médaille d’or olympique en 2000, 3 Coupes du monde en 1998, 2002 et 2010, 3 Ligues des champions d’Europe en 2006, 2008 et 2010, 3 Liga en 2005, 2006 et 2009, 5 fois meilleur footballeur africain de l’année en 2003, 2004, 2005 et 2010 ) . Il est le meilleur buteur camerounais de tous les temps…Bref une nouvelle victoire à la CAN ne le rendra plus glorieux ;
* Il est le footballeur africain le mieux payé de tous les temps depuis son transfert à Anzhi Makhachkala en 2011. Et les primes que M. Iya et consorts versent aux Lions indomptables, c’est peanuts !
En fait, les gens de la Fécafoot veulent casser de l’Eto’o et avertir ses coéquipiers de la sélection que toute velléité de protestation ou de révolte sera matée, défense des intérêts et des privilèges oblige.
Eto’o a sans doute encouragé ses coéquipiers à ne pas participer à un tournoi conclu sans contrat ! L’arrangement, après l’annulation du match, entre MM. Raouraoua, le président de la Fédération algérienne et Mohamed Iya le confirme. Les griefs d’Eto’o contre la prédatrice Fécafoot sont ceux-là mêmes que dans années 90, Joseph-Antoine Bell et Roger Milla avaient brandis contre les dirigeants de l’époque. Le capharnaüm continue.

lundi 12 décembre 2011

Un après-midi de chien (4)

Le parcours de l'Espérance sportive de Tunis (EST) dans les compétitions internationales continue d'être jalonné de fâcheux incidents (voir "Des après-midi de chien "). Déjà, le 12 novembre, la finale-retour de la Ligue des champions d'Afrique EST-Wydad de Casablanca a donné lieu à des dérapages : supporteurs locaux et marocains qui s'empoignent, intervention musclée de la police qui matraque les visteurs, protestation de l'ambassade du Maroc, fans du Wydad qui saccagent des salles de l'aéroport, arrestations, procès....
Le 11 décembre, l'EST est à Toyota, Japon où elle dispute la Coupe du monde des clubs. Elle affronte en quarts de finale Nadi Al-Sod de Doha, champion d'Asie et club où opèrent le Sénégalais Mamadou Niang et l' Ivoirien Kader Keita. Al-Sod s'impose : 2-1. Colère de la poignée de supporteurs tunisois dont certains, sitôt le match terminé, sautent par dessus les grilles et cherchent à molester le gardien de but d'Al-Sod, Mohamed Sakr et l'arbitre du match, le Chilien Enrique Osses. Lamentable spectacle qui entraînera des sanctions. Dire que ces abrutis ont fait le voyage jusqu'à Toyota pour se comporter en voyous. Quelle "publicité" pour le pays de la Révolution du jasmin!
La responsabilité du club et de ses dirigeants actuels (ce sont eux qui délivrent les billets du stade aux supporteurs) est engagée. Mais évidemment, les mauvaises habitudes ayant la vie longue, ils vont se défiler. Le ballon tunisien a vraiment besoin d'une révolution!

samedi 10 décembre 2011

Hypocrisie olympique

Quelle pantalonnade que la dernière séance de la Commission d’Ethique du CIO (Comité olympique international) consacrée, le 8 décembre, à l’examen des cas Joao Havelange, Issa Hayatou et Lamine Diack, tous trois membres du CIO accusés d’avoir bénéficié des largesses de la défunte multinationale de marketing, ISL.
Havelange (95 ans) qui a régné sur la Fifa de 1974 à 1998, aurait touché 1 million de dollars, Hayatou 100 000 FF (en 1995) et Diack 36 100 dollars (en 1999). Havelange risquait une suspension de deux ans ou l’expulsion. Bien conseillé, il a choisi de démissionner du CIO mettant ainsi un terme à l’enquête dont il était l’objet.
Hayatou a répété devant la Commission qu’il avait accepté l’argent d’ISL pour financer les festivités du 40è anniversaire de la CAF. Il affirma qu’à l’époque « l’état des technologies bancaires dans certains pays imposait les payements cash (sic) ». Comme si en 1995, les banques égyptiennes ne pouvaient pas réaliser une transaction aussi routinière !
Son parrain, Joseph Blatter, le président de la Fifa, apporta son témoignage : « en novembre, les comptes de la CAF ont été examinés par les limiers de la Fifa et la somme incriminée y figure ». La Commission découvrit que les documents comptables ont été classés longtemps, très longtemps après l’encaissement des fonds et que « rien ne garantit que le payement ait été enregistré dans les comptes de la CAF » !
Mais comme à l’époque des faits, Hayatou n’était pas encore membre du CIO, il n’écopa que d’une simple réprimande ! Lamine Diack eut, par contre droit, à un carton jaune. Nos deux parangons de vertu restent membres à part entière de l’institution olympique. La clémence du verdict n'a pas empêché Hayatou de lâcher ses habituels "chiens de garde" contre le CIO.

mardi 8 novembre 2011

Sous les pointes...

La série « Les incorruptibles du sport mondial » s’est enrichie d’un nouvel épisode dont le personnage principal est Lamine Diack, président de l’IAAF (Fédération internationale d’athlétisme).
Le Sénégalais qui est aussi membre du CIO (Comité olympique internationale), fait l’objet d’une enquête diligentée par la Commission d’Éthique du CIO. En 1993, alors qu’il n’était que vice-président de l’IAAF, il aurait touché cash, le 22 avril, 20 000 dollars, le 23 juillet 10 000, et le l9 novembre, 30 000 FF, soit environ 11 500 USD. Le payeur serait la défunte firme ISL qui détenait l’exclusivité des droits pour les Championnats du monde d’athlétisme. Sont aussi concernés par l’enquête, Joao Havelange, l’ancien président de la Fifa et Issa Hayatou, le président de la CAF, tous deux membres du CIO. Les conclusions seront connues en décembre.
Le 11 novembre, à Monaco, l’IAAF désignera la ville qui accueillera l’édition 2017 des Championnats du monde. Sont candidates : Londres et, tiens, tiens…Doha.

samedi 5 novembre 2011

La pénurie

Les années se suivent et se ressemblent. Le 1er novembre, la Fifa et l'hebdomadaire France Football ont révélé la liste des candidats au Ballon d'Or et au titre d'entraîneur de l'année. Dans la liste des 23 nomminés, un seul Africain : le milliardaire Samuel Eto'o! Par contre, ils sont 16 Européens, deux Argentins, deux Brésiliens et deux Uruguayens. Faut-il commenter ce bilan? Nous le dédions à tous ceux qui, en Afrique, se complaisent dans le nombrilisme et refusent de voir la réalité : le football africain de l'élite ne cesse de reculer. Le Mondial 2010 et récemment les éliminatoires de la CAN 2012 l'ont confirmé. Mais qui s'en soucie?
Quant à la liste des entraîneurs, c'est le désert! Sur les 10 nomminés, 9 sont Européens et un seul est Sud-américain! On sait bien qu'en Afrique, les entraîneurs locaux n'existent pas ou du moins, ils ne jouissent d'aucune considération. Dur, dur...

mardi 1 novembre 2011

Lucidité et contre-vérité

A l'occasion du tirage au sort de la 12è CAN qui a eu lieu le 29 octobre à Bata, le président de la CAF, Issa Hayatou, a répondu aux interrogations des médias. Extraits :
* Aucune équipe n'a volé sa qualification à la prochaine CAN;
* Les grandes équipes n'ont pas été assez fortes;
*C'est une CAN normale. Personne n'a volé sa qualification, n'a été lésée;
*Le niveau du football africain se nivelle (sic) vers le sommet. Il y a un changement positif, la qualité sera là.
Sa majesté Hayatou VI a oublié de mettre en relief la bonne tenue de l'arbitrage, ce qui a permis aux équipes dites faibles de saisir l'opportunité de saisir leur chance face aux "grands" sans craindre d'être estampées par les arbitres.
Elle parle de nivellement des valeurs certes, mais feint d'ignorer qu'il est plus par le bas que par le haut. Ceci étant dit sans enlever tout mérite aux équipes de Libye (CAN 1982), Botswana, Niger, Soudan, Burkina Faso et Zambie.

lundi 31 octobre 2011

Des après-midi de chien

Les finales de la Ligue des clubs champions d’Afrique disputées par l’Espérance sportive de Tunis (EST) sont-elles maudites ? On se souvient que le 12 décembre 1999, au stade d’El Menzah à Tunis, le match - EST- Raja de Casablanca avait donné lieu à de fâcheux débordements : grossières erreurs d’arbitrage aux dépens du Raja, expulsion mouvementée du capitaine marocain Jrindou, envahissement du terrain, échauffourée entre les réservistes et le service d’ordre, arbitre molesté, arrêt de la partie pendant vingt minutes…
A dix contre onze, les « Rajaouis » résistèrent aux assauts désordonnés et imprécis de leurs hôtes et gagnèrent le droit de disputer le concours de coups de pied arrêtés. La tentative manquée du capitaine tunisien Chokri El Ouaer donna la victoire finale au Raja. Un couronnement qui permit au club de Casablanca de disputer, au Brésil la 1ère édition de la Coupe du monde des clubs et d’empocher une bourse de 2, 5 millions de dollars. Aucune sanction ne sera prononcée contre les -mauvais- acteurs de la « finale de la honte ».
La finale-retour de l’édition 2000, disputée le 17 décembre à l’Accra stadium par les Hearts of Oak (Ghana) et l’EST n’eut, hélas rien à envier à celle de Tunis.
L’Espérance qui avait, le 2 décembre, concédé la défaite à domicile (1-2) aborda la rencontre avec détermination et engagement. Elle opta pour la voie de la concurrence physique et s’organisa pour bloquer les Ghanéens et les faire déjouer. Son plan de bataille réussit puisqu’elle prit l’avantage, dès la quinzième minute par Hassen Gabsi et sembla en mesure de glaner un second but synonyme de victoire finale.

El Ouaer se mutile
Las, après vingt minutes de jeu en seconde période, tout bascula dans l’Accra stadium. Des supporters mécontents des Hearts commencèrent à houspiller et à invectiver l’entraîneur Cecil Attuqayefio. Un début de bagarre éclata dans les gradins qui surplombent la tribune d’honneur. S’en suivit un mouvement de foule. Les policiers ghanéens affluèrent mais, au lieu d’intervenir pour faire évacuer les spectateurs excités, ils se regroupèrent à la main courante. Puis, brusquement, l’un d’eux jeta trois grenades lacrymogènes. Deux atterrirent parmi les supporters des Hearts et la troisième explosa en pleine tribune d’honneur. Ce fut la panique et le sauve qui peut. Officiels ghanéens dont le vice-président Ata Mills, dirigeants et membres de la CAF dont le président Issa Hayatou, diplomates, invités et leurs épouses, les yeux rougis et larmoyants se ruèrent, les uns vers le salon d’honneur, les autres vers la main courante. Certains s’évanouirent et d’autres furent piétinés. Les spectateurs des tribunes latérales tentèrent à leur tour un sortie vers le terrain, mais les grilles, hérissées de barbelés, étaient cadenassées. Par miracle, on ne déplora aucun blessé grave. Le policier auteur du tir est arrêté et menotté manu militari. Mais entre temps, l’arbitre sud-africain avait arrêté le match compte tenu de l’envahissement des abords de la pelouse.
La partie à peine stoppée, voilà que l’on aperçut le gardien tunisien Chokri El Ouaer courir de ses buts vers le centre du terrain avant de s’effondrer sur la ligne. Selon les nombreux accompagnateurs de l’EST, El Ouaer aurait été atteint au visage par un projectile lancé des tribunes. Une version démentie par les témoignages, dans un premier temps, de l’équipe britannique de télévision, ISL Productions, et du reporter-photographe de l’agence Reuters, le Sud -Africain Mark Gleeson (qui ont filmé l’incident) et dans un second temps par l’arbitre - assistant sud-africain Salie Achmat et surtout par le commissaire du match, le Nigérian Patrick Okpomo. Selon eux, El Ouaer a récupéré auprès d’un ramasseur de balle une boîte vide de boisson gazeuse et s’est servi de la languette d’ouverture comme lame de rasoir pour se taillader le visage avant de s’effondrer sur la pelouse !
Toujours fut-il que le « blessé » fut, après de longues minutes de palabres et de confusion, évacué sur une civière, le visage en sang. Sur le terrain, officiels et supporters de l’EST avec en première ligne, le président de la fédération tunisienne Khaled Sancho et …l’arbitre international Mourad Daami , flanqué de ses anciens collègues Rachid Ben Khédija et Mohamed Manceri s’agitèrent sans retenue et tentèrent de faire pression sur l’arbitre Robin Williams pour qu’il arrête définitivement la partie. Ce qui permettrait à l’EST de déposer des réserves et de réclamer de faire rejouer le match sur terrain neutre, voire même de l’emporter sur tapis vert.
Le referee ne céda pas. L’EST qui avait déjà procédé à trois changements de joueurs fut contrainte de placer dans ses buts le milieu Hassen Gabsi. La partie reprit après vingt minutes d’interruption, l’effet des gaz s’étant dissipé dans les tribunes.
A onze contre dix, puis contre neuf (suite à l’expulsion du défenseur Walid Azaiez qui donna un coup de tête à un Ghanéen), Hearts of Oak n’eut pas de mal à égaliser puis à faire la rupture : 3-1. Le trophée des champions est remis au capitaine ghanéen Stephen Tetteh dans une indicible pagaille, les Tunisiens ne se présentant pas pour récupérer leurs médailles.
La victoire finale rapportera 750 000 dollars aux Hearts qui participeront, en compagnie des Egyptiens de Zamalek, à la deuxième édition de la Coupe du monde des clubs (Espagne, juillet-août 2000) dotée d’une enveloppe de 8 millions de dollars.
Au vu des rapports des officiels du match, la CAF, par l’entremise de sa commission des compétitions de clubs, prendra des décisions et sûrement des sanctions dont la suspension de l’Accra stadium et la radiation probable du gardien Chokri El Ouaer qui serait alors contraint de mettre un terme à sa carrière. Mais quel nouveau coup dur pour le football africain que ce triste après-midi du 17 décembre !

Naufrage à Lubumbashi
Dix ans après, l’EST dispute sa troisième finale de Ligue des champions..
La finale aller, disputée le 31 octobre 2010 au stade de la Kenya, à Lubumbashi, a basculé à la 19è minute. Inscrit par le capitaine congolais Ngandu Kasongo, sur coup franc, le premier but est validé par l'arbitre togolais Djaoupé. Les joueurs tunisois protestent : le ballon n'aurait pas franchi la ligne. Palabres, bousculade. Et carton rouge pour Mohamed Ben Mansour. A dix contre onze, les Tunisois perdent pied et ils se désagrègent. Ils "ouvrent" des boulevards aux attaquants locaux. Kasongo double son acif (75è), le Zambien Given Singuluma réussit le doublé (55è et 59è) et Dioko Kaluyituka transforme un penalty à la 44è : 5-0!De retour à Tunis, les joueurs et les dirigeants de l'EST déversent leur colère. L’international Khaled Korbi déclare au quotidien Assabah que l'arbitre togolais Djaoupé Kokou " sentait l'alcool"! Son dirigeant, Riadh Bennour renchérit : " Tous nos joueurs ont dit que Djaoupé Kokou sentait l'alcool" tout en refusant - le brave homme - de parler de corruption et en blanchissant ses joueurs (Darragi, Ben Mansour et Hichri) qui n'auraient pas "agressé l'arbitre" mais avaient juste" protesté" auprès de lui. Energiquement?Questions : les joueurs tunisois disposaient-ils d'un alcootest sur le terrain? Les bons musulmans qu'ils sont, seraient-ils familiers avec les vapeurs de l'alcool? Somme toute, l'infortuné Djaoupé ne serait qu"un nègre soulard". La couleur et les odeurs : cela ne flaire-t-il le racisme primaire? Où est la commission d'Ethique de la CAF (dont le président est un certain...Amos Adamu)?Certes, nonobstant le niveau et la forme du Togolais Kokou Djapoué, comment pouvait-on le désigner pour une finale à gros enjeu sportif et financier alors que chez lui, il est depuis de longs mois réduit au chômage technique : les compétitions sont suspendues au Togo depuis la CAN 2010 et l'on attend l'élection d'une nouvelle fédération pour les faire redémarrer.Au lieu de s'en prendre à M. Djapoué, les dirigeants de l'Espérance auraient été plus inspirés de mettre en cause ceux qui l'ont envoyé au casse-pipe à Lubumbashi. Mais, c'est trop leur demander. Ah, la couleur et les odeurs, c'est plus commode....

Hayatou conspué
La finale -retour disputée le 13 novembre au stade de Radès donne lieu à quelques fâcheux dérapages. Jugez-en :

* Les supporteurs fanatisés de l'Espérance (EST), massés dans les tribunes du stade de Radès, vont sans ménagement, houspiller le président de la CAF, Issa Hayatou avant de l'insulter aux cris de "Hayatou corrompu!". Le haut-parleur du stade n'a pas cru devoir intervenir et appeler à la retenue. Ce fut pitoyable et honteux. Et pourtant, Hayatou et la CAF n'ont pas eu la main lourde vis-à-vis de l'Espérance : 65 000 dollars d'amende pour les incidents déclenchés par ses supporters incontrôlés au stade du Caire lors de la demi finale Ahly - EST et 15 000 USD de pénalité pour le comportement de l'équipe à Lubumbashi lors de la finale-aller TP Mazembe - EST (5-0). L'on sait pertinemment que les sanctions pécuniaires ne sont nullement dissuasives et qu'elles ne grèvent pas le budget des clubs riches.
* Les Sang et Or" s’acharnent à viser les tibias adverses mais ils vont vite "disjoncter" à l'image du défenseur Aymen Ben Amor qui, tout de suite après le but marqué par son coéquipier Harrison Aful, ne se gêne pour envoyer un crachat "Sang et Or" sur le visage d'un joueur congolais. Carton rouge mérité.
* Le téléspectateur lampda qui a suivi la finale-retour a été mené en bateau par les réalisateurs de la chaîne locale Canal 7. La retransmission de la finale EST-Mazembe ne soutient en rien la comparaison avec celle des matchs de la Champion's League d'Europe : nombre de caméras insuffisant, cadrages fantaisistes, rareté des gros plans...Mais surtout, escamotage de l'information. Ainsi, le réalisateur a-t-il choisi de gommer toute image défavorable à l'Espérance et d'insister sur les actions de ses joueurs : le but d'Aful fut repassé en boucle à satiété. Plus, le crachat de Ben Amor qui lui valut l'expulsion (23è) ne sera montré qu'au milieu de la seconde période! Quant aux incidents provoqués par des supporters en colère de l'EST (ils se sont défoulé sur les sièges des tribunes), ce fut le black out! Ajoutez-y que, sitôt le match terminé, la régie coupa la retransmission et les téléspectateurs n'ont pas eu droit à la cérémonie de remise de la Coupe!C'est beau le fair- play télévisuel!
* Titre d'une page sportive d'un quotidien tunisois : " Il se sera battu". Vous pensez qu'il s'agit du Ghanéen Harrison Aful, le meilleur joueur de l'EST même s'il méritait un carton rouge pour l'ensemble de son oeuvre. Vous n'y êtes pas. Vous épluchez la liste des joueurs de l'EST : le nom Hamdi Meddeb n'y apparaît pas. En fait, il s'agit du président du club, absent du terrain et du stade jusqu'au de sifflet final de l'arbitre sud-africain Daniel Bennet.
Face au Wydad de Casablanca, les 6 et 13 novembre, l'Espérance disputera sa quatrième finale. Respectera-t-elle le jeu et l'éthique?