samedi 18 juillet 2009

Voie de garage

Le football africain est, de plus en plus, une "décheterie" de l'Europe qui lui refile tous les entraîneurs dont elle ne veut plus. L'Afrique est devenue plus particulièrement la voie de garage des techniciens virés par le Paris Saint-Germain (PSG). Ainsi après Alain Giresse qui a échoué au Gabon et Vahid Halihodzic qui a atterri en Côte d'Ivoire, c'est le licencié de la dernière heure Paul Le Guen qui débarque au Cameroun.
Les épisodes du recrutement du Breton relèvent du vaudeville comme le révèle l'Equipe. Avant même la démission rocambolesque de l'Allemand Otto Pfister de son poste de maître des Lions indomptables, le Chef de l'Etat camerounais Paul Biya en personne se met en quête d'un successeur à l'Allemand. Il s'en ouvre à un féal de Nicolas Sarkozy, Eric Besson , ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale. Celui-là même que le Canard Enchaîné appelle "le renégat de la campagne" et traite de "félon du Parti socialiste" (en 2007, il était, en pleine campagne électorale, passé à l'ennemi).
Besson sollicite Charles Biétry, ex-patron des sports de Canal + et surtout président cataclysmique du PSG en 1998. Biétry ne se fait pas prier et désigne Paul Le Guen qui venait d'être remercié par le...PSG. Besson transmet l'offre à Paul Biya. Mohamed Iya, le président de la Fécafoot est chargé de conclure et il engage Le Guen pour six mois ( en fait pour quatre matchs: Gabon-Cameroun, Cameroun-Gabon, Cameroun-Togo et Maroc-Cameroun) avec la possibilité d'une prolongation en cas de qualification pour le Mondial 2010.
Le Breton qui n'a pas la réputation de faire dans le football panache sauvera-t-il des Lions indomptables pour la plupart usés et "amortis"?

samedi 11 juillet 2009

Welcome to South Africa 2010 (1) : la vie au quotidien

* Lu dans "Le Monde" du 30 juin (soit deux jours après la finale de la Coupe des Confédérations) : " A la pointe de l'Afrique, l'hiver austral est arrivé, avec à peine quelques degrés au petit matin. Mais, c'est une autre nouvelle qui vient refroidir les Sud-Africains. Le prix de l'électricité qui se situe entre 4 et 5,5 centimes d'euro le kilowattheure, va augmenter de 31,3% au 1er juillet. L'autorité de régulation de l'énergie (Nersa) a autorisé, jeudi 25 juin, la compagnie nationale publique d'électricité, Eskom, à modifier ses tarifs.
"Dans un pays tout juste entré en récession pour la première fois depuis dix-sept ans, la hausse spectaculaire a suscité de vives protestations. Celle des chefs d'entreprise, s'inquiètant du renchérissement de leurs coûts de production. Celle d'économistes, craignant une envolée de l'inflation aujourd'hui stabilisée à 8%. Celle des ménages se préparant à des fins de mois encore plus difficiles. Pour les foyers les plus pauvres, la majoration sera limitée à 15%, ce qui ne devrait guère freiner la multiplication des branchements sauvages.
"Cette flambée succède à celle de 27,5% en 2008. Une nouvelle hausse est attendue en 2010."

**Lu dans "L'Equipe" du 7 juillet : " En Afrique du Sud, les travaux sur les chantiers des dix stades en construction pour la Coupe du monde 2010 vont s'interrompre à partir du 8 juillet. Plus de 70 000 ouvriers, qui réclament une augmentatiion de leur salaire de 13% seront en grève. Hier, une décision de justice a autorisé le mouvement. "

***Lu dans " The New York Times" du 11 juillet sous le titre ," Le crime se répand dans les bas quartiers" :" Le crime en Afrique du Sud est généralement décrit comme visant particulièrement les riches, mais en fait, ce sont les pauvres qui sont les plus vulnérables : les gens pauvres sont des proies plus faciles pour les criminels...pauvres. (...) Les experts mettent en relief le caractère très brutal des crimes dans le pays: le nombre extrêmement élevé des rapts, des vols de voiture avec violence (40 par jour) et des braquages à main armée. Le taux des meurtres (50 par jour), certes en déclin, est toutefois huit fois plus élevé qu'aux Etats-Unis. Il arrive que les victimes des violences se fassent justice eux-mêmes. Le président Jacob Zuma n'a-t-il pas affirmé que les "citoyens ne peuvent être blâmés s'ils appliquent la loi avec leurs propres mains!"

" Pour les citoyens fortunés, le recours à une sécurité privée constitue un substitut à la protection de la police. Les zones entourant Johannesburg sont ainsi couvertes de barricades électrifiées, de fortifications, de grillages, de caméras de surveillance et remplies de patrouilles armées. Autant de précautions que les pauvres ne peuvent pas s'offrir.
" Hier, sous le régime de l'apartheid, la police ne faisait que de la répression. Aujourd'hui, selon le criminologue Antony Altbeker , " l'attitude vis-à-vis des agents de la loi est passée de la haine au mépris". En référence aux standards internationaux, la police sud-africaine compte assez d'hommes par tête d'habitant mais, elle est en sous-effectifs compte tenu de l'importance de la violence. Pour la majorité des gens, les policiers sont considérés au mieux comme fort maladroits et au pire comme des ripoux. "
" En 2010, annonce Johan Burger, expert à l'Institut des études de sécurité (ISS), il y aura
41 000 policiers mobilisés. Les fans seront enveloppés dans une bulle de sécurité."
Ce déploiement ne changera toutefois rien, à terme, à la vie quotidienne de millions de Sud-Africains.

vendredi 10 juillet 2009

"Vuvuzelas" de la renommée, vous êtes bien mal embouchées...

Amoureux du ballon, vous avez été sans doute assez nombreux devant le petit écran pour vivre les péripéties de la dernière Coupe des Confédérations (Afrique du Sud, 14 au 28 juin). Vous avez suivi en direct la consécration du Brésil, difficile vainqueur en finale d'une bande de "marines" américains qui couraient et chargeaient comme des dératés. Sûrement qu'ils ne carburaient pas au lait de bison!
Vous êtes restés perplexes devant les performances en dents de scie des Pharaons champions d'Afrique : tenant tête aux Brésiliens, domptant les Italiens, champions du monde avant de faire naufrage devant les...Yankees! Sans doute , vous avez compris que les Espagnols, champions d'Europe en titre, ne pouvaient pas évoluer à leur rythme de croisière parce que fatigués par une exténuante saison 2008-2009! Bref, vous vous êtes demandé pourquoi les maîtres du football mondial s'entêtent à alourdir le calendrier international avec une compétition d'un intérêt sportif peu évident. Mais, on achève bien les chevaux....
Vous avez été enfin courageux et stoïques pour supporter le festival de bêtises et d'âneries débitées par des commentateurs ou des consultants qui n'aiment pas le foot, ne le comprennent pas et ne savent pas en parler. Quand ils ignorent tout simplement la géographie : que dire de ce "spécialiste" qui confondait les Irakiens avec les Koweitiens ou les Iraniens avant tout simplement de les appeler les Néo-Zélandais!
Vos oreilles ont dû aussi souffrir le martyr à moins que vous ayez pris la bonne décision de couper le son. Vous vous souvenez de ce bourdonnement lancinant, irritant, exaspérant, insupportable provoqué par ces milliers de vuvuzelas, ces longues trompettes dans lesquelles les pseudo-supporteurs soufflaient 90 minutes durant. Il paraît que c'est le symbole de l'exception culturelle sud-africaine et que "bannir les vuvuzelas, ça serait de la discrimination"!!! En fait, les organisateurs sud-africains, en commercialisant à bas prix ces trompettes,histoire de mettre de l'ambiance dans les tribunes, ont affiché un réel mépris pour le foot, pour le jeu. Ils ont pensé qu'en garnissant les stades avec des spectateurs grimés et déguisés et soufflant dans les vuvuzelas, ils créaient une ambiance sud-africaine. En fait, ils pensaient carnaval et non compétition sportive.
Tout comme les milliers de clowns peinturlurés - du pain béni pour les réalisateurs de télé aux idées courtes - , ils ont fourni la preuve que, question culture foot, ils sont des ignares. Faut-il s'en étonner de la part de prédateurs préoccupés seulement par les retombées du foot-business?

samedi 30 mai 2009

Yaya Touré, le phare de la Catalogne

Difficile de se faire un prénom lorsque votre frère n’est autre qu’Abib Kolo Touré, le pilier défensif d’Arsenal. Pourtant Yaya (il est né le 13 mai 1983 à Sokoura, Bouaké) y est parvenu. Lui aussi a fait, de 1996 à 2001, ses classes sous la houlette du maître ès-ballon Jean-Marc Guillou à Sol Béni, Abidjan. Il a fait partie de la promotion Armando, celle des Artur Boka, Salomon Kalou et autre Emmanuel Eboué. Il n’a pas porté le maillot jaune de l’ASEC mais a rejoint Guillou au KSK Beveren en juin 2001. En Belgique, il s’imposa rapidement comme un titulaire indiscutable et boucla 70 matchs en deux saison. En Belgique, il s’imposa rapidement comme un titulaire indiscutable et boucla 70 matchs en deux saisons et demi. Il disputa en janvier 2003, le championnat d’Afrique pour les juniors au Burkina Faso.

A cette époque, pour ses admirateurs, « Gnéri » n'est qu'un surdoué du ballon dont la postérité retiendra l’élégance, l’efficacité et …plus tard le palmarès. Pour les autres, il s’agit d’un footballeur aux qualités s’élevant, certes, au-dessus de la moyenne, mais qui ne cherche pas à repousser ses limites ne serait-ce que pour n’être pas trahi par elles. Yaya Touré, survole, du haut de ses cent quatre-vingt neuf centimètres et du trône que le football lui a confectionné, les orages de la légère polémique qu’il a suscitée.

« Yaya, ne cessa d’affirmer Kolo, est bien plus fort que moi ». Un avis que partagaient, outre Guillou, de nombreux techniciens qui « sont fous de Yaya ». Elégant et racé, utilisant à merveille un répertoire technique « appris et maîtrisé sur le bout des orteils à l’Académie », le cadet des Touré a l’étoffe d’un parfait régulateur et d’un stabilisateur. Il sera ce que le grand Toninho Cerezo a été au Brésil dans les années 80 et ce que fut Claude Makélélé au Real Madrid. Posté devant les défenseurs, il agit comme un libero du milieu de terrain, récupérant avec aisance le ballon, relançant en souplesse, proprement, offrant une solution de soutien à ses attaquants. Un vrai relayeur polyvalent qui ne fait pas les choses à demi.

L’été 2003, il est embauché pour 2, 1 millions d’euros par le Metallurg Donetsk. Il y est rejoint par un autre Académicien, Arsène Né. En Ukraine, l’adaptation au climat est difficile. Yaya ne dispute que 33 matchs en deux saisons. L’été 2005, il décide de prendre un nouvel envol. Olympiakos du Pirée devance Arsenal et le recrute pour 1,2 million d’euros pour le grand bonheur du coach norvégien, Trond Sollied qui le suivait depuis sa période belge. Le cadet des Touré s’impose avec aisance dans l’entrejeu grec et réalise des prestations extraordinaires en Ligue des champions face à l’Olympique de Lyon et au Real Madrid. Henri Michel qui a dirigé d’avril 2004 à juin 2006 les Eléphants, ne « découvrit » Yaya que tardivement. Il ne le sélectionna qu’en septembre 2005 et ne l’aligna à plein temps qu’à l’occasion de la CAN 2006 en Egypte.
Depuis, l’équipe ivoirienne ne peut plus se passer de son métronome. Reste à l’associer à d’autres hommes de milieu qui, balle au pied, parlent le même langage que lui. Le successeur de Michel, l’Allemand Ulrich Stielike ne s’y décida pas.

Yaya rejoint, en juillet 2006, et pour 4,5 millions d’euros, l’AS Monaco. A peine une saison sur le Rocher et le voilà qui est sollicité par le FC Barcelone. Il y est transféré pour 12 millions d’euros et signe un contrat jusqu’en juin 2010. Pour le « coach » Jean –Marc Guillou, le cadet des Touré sera aux côtés des Iniesta, Xavi, Thierry Henri, Messi et autre Samuel Eto’o, l’un des meilleurs joueurs d’…Europe. Sinon le meilleur. Et "Gnéri" l’a prouvé en décrochant, en 2009, avec les Blugrana, le championnat d’Espagne et la Coupe du Roi, plus la Ligue des champions d’Europe. Il est le premier Ivoirien à se hisser au sommet européen et possède désormais un palmarès que seul peut contester son coéquipier Samuel Eto’o. Il est l'incontestable e numéro un de Côte d’Ivoire et d’Afrique, n’en déplaise aux fanatiques de la Drogbamania.

vendredi 29 mai 2009

Mustapha Zitouni, un footballeur de la Révolution

« L’absence de Zitouni, écrivait le 21 avril 1958, François Thébaud dans l’hedomadaire Miroir Sprint, qui s’était imposé ces derniers mois comme le meilleur demi - centre opérant en France, constitue une perte incontestable. » La Classe. Et l’admiration des connaisseurs.
Né à Alger le 19 octobre 1928, Mustapha Zitouni débuta à l’Olympique Saint -Eugène avant de partir pour l’A.S. Cannes où vint le recruter l’A.S. Monaco. Ce fut sous les couleurs monégasques qu’il perça et connut la notoriété. Grand et athlétique, c’était la tour de défense sur laquelle venaient se briser les offensives adverses. Le 6 octobre 1957, il succéda au Rémois Robert Jonquet dans l’équipe de France, face à la Hongrie, à Budapest (0-2). Il fut inclus dans les formations tricolores qui affrontèrent la Belgique (0-0) et l’Angleterre (4-0). Le 13 mars 1958, au Parc des Princes, il se mesura aux prestigieux attaquants espagnols Alfredo Di Stefano, Laszlo Kubala et Luis Suarez (2-2). Donjon imprenable, il convainquit le public parisien et les sélectionneurs : il était assuré de partir en Suède.

Le samedi 13 avril, il prit toutefois une direction opposée, celle de Tunis où il rejoignit les rangs de l’Algérie combattante. Il devint vite la grande figure de l’équipe du FLN (Front de Libération nationale) qui, de 1958 à 1962, conquit sportivement l’Afrique du Nord, le Moyen-Orient, l’Europe de l’Est et l’Asie du Sud-Est.
Après l’indépendance de son pays, il rentra à Alger et occupa le poste d’entraîneur – joueur au R.C. Kouba. Le 2 janvier 1964, au stade d’El Anasser, l’Algérie rencontra et battit la République fédérale d’Allemagne (2-0). Après le match, Sepp Herberger, l’entraîneur allemand, vint lui demander son …passeport afin de s’assurer qu’il avait bien 35 ans tant il avait été le meilleur des 22 joueurs sur le terrain ! Oui… à 35 ans, Zitouni avait tenu tête aux redoutables attaquants germaniques Konietzka, Kramer, Libuda et autres Wilden en interceptant tous les services qui leur étaient destinés et en manoeuvrant avec intelligence.

Après sa retraite, Zitouni retourna s’installer sur la Côte d’Azur, à Nice où il dirigea l’agence d’Air Algérie. Il répondit, à chaque fois, présent aux sollicitations de ses anciens compagnons du FLN. Le 14 avril 1988, à Alger, il porta le brassard de capitaine, à l’occasion d’un tournoi maghrébin qui marqua le 30è anniversaire de l’équipe du FLN.

Ce fut ses adieux au public algérien. Ces dernières années, la maladie d’Alzeimer ne l’a pas épargné.
La fondation de l’équipe du FLN ne l’a pas oublié. Le 25 mai 2009, à Alger, elle a organisé, en présence des membres de sa famille, un jubilé dont le seul moment d’émotion fut à l'actif des jeunes Académiciens du Paradou. Des artistes en herbe qui font vivre avec amour le « cuir » et sur lesquels veille …Jean-Marc Guillou, le « père » des Académiciens ivoiriens.

Faouzi Mahjoub

samedi 23 mai 2009

Copa, roi du plat pays

Les pseudo-connaisseurs pullulent dans la planète foot et en particulier en Afrique. Ils connaissent très mal le football sur le mode pratique et quand ils en parlent, ils le font à tort et à travers. Ainsi, n'ont-ils pas hésité à attribuer le fiasco des Eléphants de Côte d'Ivoire à la CAN 2008 à la "faiblesse de son gardien de but Coppa". Lequel, depuis février 1999 et sa première sortie internationale dans la cage de l'ASEC mimosas face à l'Espérance sportive de Tunis, a rarement tapé dans l'oeil des "connaisseurs".
Lors du Mondial 2006, l'entraîneur Henri Michel lui préféra le vétéran Gbizié. Et celui-ci passa à travers les matchs contre l'Argentine et la Hollande. Copa fut titularisé face à la Serbie. Depuis, il n'a de concurrent à son poste en Côte d'Ivoire. Et il faut croire qu'il n'est pas si mauvais que cela puisqu'il est professionnel au KSK Lokeren, Belgique (32 matchs sur 34 disputés au cours de la saison 2008-2009). Plus, Boubacar Barry "Copa" a été élu, le 17 mai, lors du Gala du Footballeur pro à Lint, meilleur gardien de Belgique avec 510 points contre 305 pour Mark Volders (FC Mouscron) et 293 pour Silvio Proto (Germinal Beerschot).
Copa a été élu par les joueurs de la division I et par les expatriés belges. Il est aussi le 2è meilleur joueur africain du championnat de Belgique. Des distinctions de nature à clore le bec de tous les sceptiques et de tous les faux spécialistes du ballon.

jeudi 21 mai 2009

Ballon carré d'Ivoire

Jeudi 7 février 2008, le stade Baba Yara de Kumasi accueille la demi-finale de la 26è Coupe d'Afrique des nations, Egypte -Côte d'Ivoire. Les champions d'Afrique en titre domptent facilement les Eléphants : 4 à 1!
Deux jours plus tard, toujours à Kumasi, en match de classement, le Black Star du Ghana enfonce les Ivoiriens : 4-1. Huit buts encaissés en deux matchs, Didier Drogba et ses coéquipiers quittent la CAN 2008 la tête basse. Leur cinglant échec s'ajoute à leur faillite en finale de la CAN 2006, face, une fois de plus, à l'Egypte. Commentaire de Jacques Anouma, le président de la Fédération ivoiriene de football (FIF) : " Il faut repartir à zéro, continuer à construire notre football. Je ne suis pas découragé. Je n'ai pas le fétichisme des trophées."

Janvier 2009, les Eléphanteaux disputent au Rwanda, le Championnat d'Afrique des moins de 20 ans. Eliminés après trois matchs : un seul but inscrit et six encaissés.

Février 2009, la Côte d'Ivoire accueille le 1er Championnat d'Afrique des nations (CHAN) - un tournoi réservé aux joueurs non expatriés -. L'équipe représentative du pays, bien qu'évoluant à domicile, est éliminée dès le premier tour : zéro victoire et zéro but marqué en 3 matchs! Jacques Anouma présente "ses excuses au peuple ivoirien" et déclare : " J'assume l'échec!" Il ne démissionne pas pour autant de son poste. Il en est de même de l'entraîneur Georges Kouadio.

Mai 2009, les deux derniers clubs ivoiriens engagés dans les compétitions africaines disparaissent de la Ligue des champions (ASEC Abidjan) et de la Coupe de la Confédération (Jeunesse Club d'Abidjan). Ils rejoignent dans la trappe l'Africa Sports d'Abidjan et la SOA, éliminées dès les seizièmes de finale. Cela fera bientôt onze ans qu'aucun club ivoirien n'a remporté de titre continental.

Question : qu'on fait les dirigeants du football ivoirien depuis 1999? On se souvient que, le 9 février 1999, les Académiciens de l'ASEC Mimosas remportaient la Supercoupe d'Afrique après avoir donné une leçon de foot à l'Espérance sportive de Tunis (3-1). Rappelons que tous les jeunes héros de 1999 ont été formés à Sol Béni par ...Jean-Marc Guillou. Ils fournissent aujourd'hui 95% de l'effectif de la sélection de Côte d'Ivoire. Tous évoluent dans des clubs européens et certains font partie du gotha mondial (Kolo et Yaya Touré, Kalouninho...).

Depuis plusieurs années, Guillou est persona non grata en Côte d'Ivoire et son nom est officiellement tabou. Ni la FIF, ni son président n'ont exprimé, même à demi-mot, une quelconque reconnaissance à l'égard du technicien français -qui n'a rien coûté à la FIF-. Ils oublient que si la Côte d'Ivoire dispose depuis 2005 d'une équipe nationale de haut niveau (même si c'est l'arbre qui cache la forêt), elle le doit au travail et au dévouement de Guillou. Seulement, voilà, ils ne veulent déplaire à l'inamovible président de l'ASEC, M° Roger Ouégnin.

" Le club de M°Roger Ouégnin, écrit Le Nouveau Réveil d'Abidjan, ne fait plus recette. Et pourtant, plus qu'hier, l'ASEC s'est doté d'un centre de formation des mieux équipes de la sous-région. C'est le club ivoirien qui possède le plus de partenaires commerciaux. En dépit de tous ces atouts, le club Jaune et Noir piétine (depuis dix ans) et ses résultats sont de moins en moins reluisants." Après le départ de Guillou, M° Ouégnin avait engagé le Français Pascal Théaut pour diriger le centre de formation de l'ASEC. L'expérience s'acheva au bout de quatre ans sans résultat convaincant. Le Suisse allemand Walter Ammann a été chargé, depuis quelques mois de prendre la relève. Il a tout se suite annoncé la couleur en se démarquant de la philosophie et des méthodes de Guillou alors que celui-ci lui avait, dans les années 1998-99, largement ouvert les portes de l'Académie mimosifcom à Sol Béni.

Mais le déclin de l'ASEC n'occulte pas l'absence d'un véritable projet sportif en Côte d'Ivoire.
Les Eléphants entretiennent la flamme et leurs exploits passionnent les foules (même si leur fait défaut une consécration internationale) mais la génération des Kolo, Gnéri, Zokora, Aruna et autres Baky n'est pas éternelle. Elle est en mesure d'obtenir une qualification pour la Coupe du monde et la CAN 2010. Quand elle ne sera plus là, le reveil risque d'être douloureux. A bon entendeur, salut!